Alentours

Le Lac de CAZAUX

Présentation

L’étang de Cazaux et de Sanguinet se situe entre pays de Buch au nord et pays de Born au sud. Le canal des Landes le relie au bassin d’Arcachon et au lac de Biscarrosse et Parentis, entre lesquels il se situe.

Historique

Il s’est formé par accumulation des eaux venant de la plaine landaise, en particulier grâce à la Gourgue, cours d’eau au bord duquel le village antique de Losa s’était établi avant de disparaître sous les eaux.

Le site de Sanguinet a été progressivement exploré, minutieusement mesuré et inventorié à partir des années 1970. Les plongeurs du CRESS (Centre de recherches et d’études sublacustres de Sanguinet) ont identifié plusieurs sites de l’âge du fer dans l’ancien lit de la Gourgue. Le niveau des eaux du lac s’est en effet élevé aux temps historiques, recouvrant constructions et mobilier, en particulier plusieurs pirogues monoxyles en pin maritime et chêne.

Classement

L’étang de Cazaux et de Sanguinet est site classé par arrêté du 16 août 1977 au titre des étangs landais nord[1]. 269 ha de sa rive nord-est[2] et 586 ha de sa rive sud-est font l’ojet d’un inventaire ZNIEFF de type 1 en 1984. Il est enfin constitutif du site Natura 2000 (SIC/pSIC) « Zones humides de l’arrière dune du pays de Born »[3].

Sites archéologiques

La naissance des lacs littoraux de la côte aquitaine est due à la formation de la chaîne de dunes qui fait obstacle à l’écoulement des nombreuses rivières côtières drainant le littoral au sud de la Garonne. La formation des dunes est la conséquence de phénomènes concomitants dont les acteurs sont les courants océaniques du golfe de Gascogne, les alluvions de l’ensemble du réseau fluvial aquitain et les vents d’ouest dominants. Les rivières côtières voient leurs estuaires s’obstruer progressivement et leurs seuils d’écoulement se surélèvent provoquant, à l’est de ces barrages naturels, des accumulations d’eau douce. Cette montée inéluctable des eaux prisonnières des sables connaît de longues périodes de stabilité s’étendant sur plusieurs siècles, suivies d’accélérations brutales qui, en quelques décennies, obligent les populations à abandonner leurs espaces de vie pour s’installer plus en amont. Au sein du système des lacs littoraux, seul le Bassin d’Arcachon a conservé une communication permanente avec la mer grâce au débit relativement important de la Leyre et à son étendue qui fait qu’à chaque changement de marée, d’énormes volumes d’eau transitent par la passe.

Trois villages jalonnant le lit de la Gourgue sont engloutis sous les eaux du lac, les plus profonds étant les plus anciens.

Village gallo-romain de Losa

(IerIIIe siècle après J.-C.) Pour atteindre le village de Losa, la voie romaine littorale venant du nord devait franchir la rivière dont la vallée se trouve actuellement à 7 mètres de profondeur. Des pieux de chêne ou de pin implantés dans la partie basse dessinent le tracé de ce « long pont » [4]qui s’aligne parfaitement sur la voie reconnue à terre. Losa occupait un large plateau bien drainé, à l’abri des crues, à deux mètres environ au-dessus du niveau de la rivière. Il s’agissait d’une mansio, c’est-à-dire d’une station routière où le voyageur trouvait le gîte et le couvert. Le village s’articulait autour d’un petit temple dont les fondations dessinent un plan très proche de ceux des nombreux fana que l’on connaît en France et tout particulièrement en Aquitaine. Le mobilier de céramique domestique est abondant (assiettes, coupes tripodes, cruches, gobelets…). À côté de cela, quelques poteries plus « nobles » comme les céramiques sigillées, les gobelets à parois fines ou les amphores, témoignent d’échanges commerciaux dans un espace géographique assez vaste. Mais la masse la plus importante du mobilier archéologique est constituée par des tessons de cuviers et de grandes jarres qui témoignent d’une industrie de production de goudron à partir du bois de pin. Les monnaies très nombreuses trouvées sur le site permettent de définir avec une assez grande précision la période d’occupation de Losa.

Le fanum de Losa (12 x 10 m) est un site archéologique sublacustre qui se présente sous la forme d’édifice rectangulaire, dont l’entrée s’ouvre sur un vestibule qui donne accès à une galerie de circulation faisant le tour de la pièce centrale du temple, la cella. Les murs épais de 45 cm sont constitués de blocs de garluche. Divers éléments archéologiques indiquent une période d’utilisation assez longue, entre le IIe et IIIe siècle après J.-C. L’abandon du fanum pourrait être lié à l’apparition du christianisme au IVe siècle.

Village fortifié de l’Estey du Large

(IIIeIer siècle avant J.-C.) Le village de l’Estey du Large est installé sur la rive gauche de la rivière, qui, à cet endroit, n’excède pas 150 m de largeur. La partie haute et plane de cet espace est actuellement, à 7 m de profondeur moyenne. Une pente d’environ 10 % permet d’atteindre le lit de la rivière antique à 11 m de profondeur. Le site de l’Estey du large se présente comme un vaste espace elliptique de plus de 3 000 m². Une centaine de pieux de chêne ou de pin subsistent des deux enceintes qui assuraient la protection du village. Une énorme accumulation de troncs constituait une assise solide pour ces palissades. Le sol d’occupation, riche en tessons de céramique, atteint 20 à 30 cm d’épaisseur. Sur cet espace vaste et dégagé quelques foyers importants mais aussi un très grand nombre de feux secondaires ont été repérés. L’espace intérieur ne comporte aucune trace d’habitat. Cependant, au niveau de l’enceinte on relève les indices les plus significatifs montrant que quelques habitations étaient intégrées à l’ouvrage de défense Le mobilier de céramique typique de la fin de l’âge du fer est extrêmement abondant. Parmi les poteries non tournées, les jattes à anses internes sont spécifiques à la région littorale au sud du bassin d’Arcachon. Ce type de poterie a perduré jusqu’à l’époque gallo-romaine sur le village de Losa. Les objets métalliques mis au jour par les fouilles sont rares, ce qui témoigne de la faiblesse des échanges économiques. Seuls les alliages de cuivre ou d’argent ont résisté à la corrosion des eaux du lac. Une douzaine de fibules et des anneaux ont été inventoriées. Plus de dix années de fouilles n’ont permis la découverte que de deux monnaies datables au Ier siècle avant J.-C. À l’intérieur de l’enceinte, un entassement de blocs d’un minerai de fer très riche, le « fer des marais », a été repéré. De très nombreux fragments de scories de réduction, d’affinage ou de forgeage du fer ont également été relevés. L’Estey du large semble donc avoir été un centre de production de fer. Quelques fragments de la paroi d’argile de bas-fourneaux ont été inventoriés parmi les scories de réduction. C’est à la fin du Ier siècle avant notre ère que les habitants de l’Estey du large doivent abandonner leur territoire atteint par la montée des eaux pour s’installer en amont,

Village de Put Blanc

(VIIeIVe siècle avant J.-C.) Le site de Put Blanc couvre une superficie de plus de 3 ha, à une profondeur moyenne de 13 m. Les vestiges d’habitats sont dispersés à la pointe est du lac primitif dans sa phase du 1er âge du fer. Ce qui est assez remarquable, c’est que les hommes aient choisi de s’installer sur de très modestes surélévations de terrain dans les zones de marais proches du lac. Il s’agit vraisemblablement d’un souci de protection par rapport à un environnement jugé hostile, puisque des zones à l’abri des variations du niveau des eaux, existent à proximité.

À 12 m de profondeur, Put Blanc I et Put Blanc II présentent d’importants ensembles de pieux. Ces deux zones, distantes d’une dizaine de mètres l’une de l’autre, correspondent à deux habitats construits sur une légère surélévation de terrain par rapport au niveau du plan d’eau primitif. Put blanc III correspond à un habitat plus structuré. Il s’agit du plancher d’une hutte aménagée sur un promontoire de superficie réduite. Construisant sur le sable très meuble, les hommes ont réalisé une assise solide, constitué de petits troncs superposés. Ces platelages, recouverts d’une couche d’argile, constituaient ainsi un sol de terre battue, bien isolé des remontées humides. Il s’agit d’une pièce rectangulaire de 4,60 m de longueur sur 3,30 m de largeur. Cet espace de 15 m². Au centre de cet habitat on peut noter la présence d’une sole de foyer en argile d’un mètre de diamètre. Les tessons de poterie sont abondants sur l’ensemble de la zone archéologique, mais leur densité est beaucoup plus importante sur les espaces d’habitat. Les coupes ou les vases de formes et de tailles très variées s’apparentent à ceux bien connus sur les sites du premier âge du fer. On rencontre en particulier des décors rubanés en relief, présents déjà à l’âge du bronze. Les datations effectuées sur les pieux confirment une occupation du site de Put Blanc pendant toute la période du premier âge du fer.

Les pirogues

Trente pirogues monoxyles ont à ce jour été répertoriées sous les eaux du lac de Sanguinet. Trois d’entre elles sont voisines du village de Losa. Trois autres ont été découvertes dans le lit de la rivière antique, hors du contexte des sites ayant fait l’objet de fouilles archéologiques. 24 de ces embarcations ont été répertoriées sur la zone archéologique de Put blanc. Sur les trente pirogues découvertes dans le lac de Sanguinet, vingt-six sont creusées dans des troncs de pin, quatre seulement étant en chêne. Deux d’entre elles ont été sorties du lac en septembre 2003 et ont fait l’objet d’un traitement de conservation dans le laboratoire Art-Nucléart de Grenoble. Ces deux pirogues (n° 5 et n° 20) sont revenues sur Sanguinet le 10 juillet 2008 et ont été installées dans leur nouvelle salle vitrine (température et hygrométrie régulées) pour être présentées au public.

La pirogue n° 20 (âge du bronze) est en chêne et est âgée d’environ 3 270 ans, elle est la partie arrière mesurant 4,80 m d’une pirogue et comporte à sa poupe une planche amovible en pin. La pirogue n° 5 est entière en pin pour une longueur de 8 m et date d’environ 2 700 ans (âge du fer).

Ces deux pirogues vont retrouver au musée la pirogue n° 1 trouvée avant le début des recherches archéologiques et remontée des eaux du lac. Ce fragment de pirogue (fond de la pirogue) en chêne mesure un peu moins de 4 m et date du Moyen Âge.

Histoire

Sanguinet est un site touristique qui a toujours été apprécié. Ainsi, le poète Ausone jouissait-il déjà d’une villa pour s’y reposer ; une résidence secondaire en plus de sa résidence bordelaise (burdigalienne). Nombreux sont ceux aujourd’hui qui vont y faire de la planche à voile ou du bateau, ou simplement se baigner l’été.

Musée

Le musée archéologique municipal de Sanguinet, situé sur la place de la mairie vient de faire l’objet en 2008 de travaux de réhabilitation et d’agrandissement pour recevoir les deux pirogues sorties du lac. Une nouvelle muséographie a été conçue qui présente notamment les différents objets remontés du lac depuis plusieurs années (poteries, bijoux, outils…) et bien entendu les trois pirogues. Ce musée municipal fait partie des musées de France et ses collections sont placées sous la responsabilité du conservateur départemental.

La Dune du Pilat

Située à l’entrée sud du bassin d’Arcachon, elle s’étend sur 500 m d’Ouest en Est et sur 2,7 km du Nord au Sud et contient environ 60 millions de mètres cubes de sable. Elle dépend du territoire de la commune française de La Teste-de-Buch, à proximité d’Arcachon, au cœur des Landes de Gascogne.

Topographie

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La dune côté forêt vue de son sommet (pente : entre 30 et 40°)

Son altitude varie constamment, tout en oscillant aux environs de 100 à 117 mètres au-dessus du niveau de la mer. La pente est plus forte côté forêt que côté océan. La dune avance inexorablement vers l’intérieur du pays et recouvre peu à peu les constructions (maisons, routes) côté forêt, après avoir fait chavirer dans les flots plusieurs fortifications de béton construites sous l’occupation par l’organisation Todt, dans le cadre de l’édification du mur de l’Atlantique.

Géologie

Formations sableuses visibles sur le flanc intérieur de la dune.

Sur la carte géologique de la partie occidentale du bassin d’Aquitaine et celle de La Teste-de-Buch, en particulier, on peut voir une formation géologique de la fin du Quaternaire qui porte le nom de « Sable des Landes » : il recouvre toute la région située autour du bassin d’Arcachon et s’étale au nord vers l’estuaire de la Gironde, à l’est vers la vallée de la Garonne et au sud vers l’Armagnac et l’Adour. À l’ouest il est surmonté par une bande de dunes côtières plus récentes dont la dune du Pilat fait partie.

Sédimentologie des sables des Landes et dunaires

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Fouille de sauvetage sur un site protohistorique (octobre 2014) par Philippe Jacques avec prélèvements dans une épaisse strate de tourbes compactées.

La couverture de sable des Landes est composée :

  • à sa partie inférieure, d’une couche de sables, de graviers voire de galets, d’argiles parfois sableuses et plus ou moins graveleuses dont l’épaisseur atteint 100 mètres près du littoral et qui va en s’amenuisant vers les reliefs continentaux qu’elle recouvre plus ou moins ; ces sédiments ont été épandus par des fleuves et des rivières ; ils ont donc une origine fluviatile ;
  • à sa partie supérieure, de quelques mètres d’un sable fin composé de grains émoussés et dépolis, car éolisés, qui constitue le véritable « Sable des Landes » et qui provient du remaniement des sédiments fluviatiles qu’il surmonte.

Tout le relief de la zone côtière a été recouvert par ce sable qui s’est mis en place dans des conditions très arides, poussé par des vents d’ouest dominants de 20 000 jusqu’à 10 000 av. J.-C. environ. La fraction la plus lourde, les graviers, est restée près du rivage au large de la côte actuelle, tandis que les fractions les plus fines ont été entraînées très loin vers Blaye, l’Entre-deux-Mers et la Chalosse. C’est un sable très homogène (90 % des grains ont une taille comprise entre 0,1 et 0,5 mm ; le diamètre moyen des grains est de 0,3 mm). Cette homogénéité résulte du tri effectué par les eaux et les vents.

À côté des grains de quartz, on retrouve toujours dans ces sables, des minéraux dont la densité est supérieure à celle du quartz et qui portent le nom de minéraux lourds ; ils représentent 0,2 à 1,5 % du sable et se composent de minéraux ferrifères (75 %) mais aussi de tourmaline et de grenats. Ils existent dans tous les sables de la région aussi bien ceux du sol des Landes, que des dunes du littoral.

La région du bassin d’Arcachon et des étangs qui se trouvent au sud, Cazaux, Parentis, a retenu l’attention des géologues qui recherchaient du pétrole dans cette zone autrefois si longtemps recouverte par les mers de l’ère secondaire. Ces travaux ont permis de parvenir ainsi à une meilleure connaissance de la géologie de ces terrains profondément enfouis sous les sédiments du Tertiaire et l’épaisse couche de sable qui s’est mise en place au Quaternaire récent donnant à ce pays son aspect géologiquement monotone. Par ailleurs il s’est avéré que les côtes sableuses basses de la Gironde et des Landes où l’érosion, le transport et l’accumulation des sédiments forment les trois étapes indissociables de l’évolution du littoral et des systèmes dunaires, constituaient un modèle de choix auquel de nombreux géologues régionaux s’intéressent aujourd’hui. L’histoire des dunes de cette région, et du Pilat en particulier, s’inscrit naturellement dans le cadre de ces études.

Histoire

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Carte topographique du bassin d’Arcachon au XVIe siècle

L’emplacement actuel de la Dune du Pilat abritait un village protohistorique. Les premières découvertes archéologiques commencent en 1982 [2]. Le 31 décembre 2013, un touriste trouve dans le sable, au pied de la dune, une urne funéraire[3] et un vase accessoire datant de l’âge du fer[4], 800 ans avant Jésus-Christ.

Des fragments de poterie datant de l’âge du fer, aux « Salines du Pilat » ont été découverts entre douze et quinze mètres de haut, sur le côté ouest de la dune[5].

Le nom Pilat, déjà présent sur les cartes de Masse (1708) [6] et de Cassini (1786) avec le « petit bassin du Pilat », les « balises du Pilat », des « cabanes du Pilat » et la « grande passe du Pilat ou passe du Sud », correspondait à un lieu situé plus au sud de celui de la dune que nous connaissons sous ce nom et vraisemblablement au large de la côte actuelle. Nous sommes ici dans un pays de dunes mobiles et au fil du temps, le littoral et son relief ne cessent de se modifier, avançant vers l’est, vers l’intérieur des terres. Jusqu’au début du XXe siècle, le secteur du Pilat s’appelle « les Sabloneys » (littéralement « sables nouveaux » en gascon) et aucune route carrossable n’y mène.

Ce changement d’appellation a pour origine une opération immobilière. Lorsque vers 1910, le développement de l’habitat opéré sur la partie côtière de la commune d’Arcachon atteint le sud du Moulleau, les promoteurs immobiliers[7] qui convoitent des terrains sur la partie testerine qui prolonge la côte vers le sud, sont confrontés à un problème de taille : le territoire appartient à l’État qui ne veut pas vendre. En 1913, un de ces promoteurs, Daniel Meller, propose alors et obtient de l’administration une transaction : en échange de 463 hectares de terrain qu’il achète sur la commune de La Teste (sur les bords du lac de Cazaux), il obtient 143 hectares entre Le Moulleau et la dune du Pilat. En référence à la grande dune voisine qui forme un monticule de sable, il choisit de baptiser l’endroit « Pyla-sur-Mer ». Il crée la « Société Civile Immobilière de Pyla-sur-Mer » dans le but d’ériger « une ville dans la forêt ».

En 1928, un autre promoteur, Louis Gaume, crée « La société du Pilat-Plage » avec la Corniche, un ancien relais de chasse devenu lieu de villégiature privilégié des aristocrates et de la bourgeoisie où il construit de nombreuses maisons de style néo-basque[8]. C’est à peu près vers les années 1930 que le vieux nom « Sabloney » est remplacé par « dune du Pyla » ou « dune du Pilat ». Aujourd’hui, « les Sabloneys » désigne une petite plage au sud de la grande dune.

Le nom officiel de la dune est « Dune du Pilat ». La dénomination d’origine provient du gascon pilòt signifiant tas[9], monticule.

Elle a été classée Grand Site National en 1978.

Formation

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Schéma en coupe de la dune du Pilat

La formation de la dune est entièrement liée à celle du banc d’Arguin. Au fil des siècles, les courants marins ont charrié du sable (en provenance du large, de la côte, et du bassin lorsque la marée descend) pour former le banc d’Arguin (lequel est, à l’instar de la dune, en constante évolution). Ensuite, les vents violents d’Ouest en provenance du large arrachent à sa surface, avec l’aide de micro gouttelettes d’eau, des grains de sable au banc d’Arguin au moment de la marée basse, quand celui-ci est totalement découvert, et qui en s’envolant viennent se poser sur la dune pour former cette gigantesque masse de sable fin.

Sur le versant Ouest de la dune, on trouve quatre paléosols majeurs (anciens sols fossilisés): à la base de la dune, un ancien podzol (- 3500 ans avant J-C), puis trois paléosols dunaires principaux (datés entre – 3000 ans avant J-C et nos jours)[10]. On trouve aussi des paléosols mineurs, des niveaux lacustres et plusieurs milliers de niveaux à minéraux lourds[11].

Il y eut d’abord, après la dernière période glaciaire, une forêt de pins sylvestres, noisetiers, bouleaux, aulnes et saules, caractéristiques d’un climat froid et continental. Au boréal atlantique et sous-boréal, une dune de trois à quatre mètres de haut, retenait des marais et un étang ; tout au long de la transgression flandrienne, les sables s’accumulèrent et les marais disparurent sous les dunes paraboliques de vingt à quarante mètres de haut, pendant que la forêt usagère de la Teste se développait sous un climat plus humide[5].

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, avec l’arrivée massive de sable sur le littoral, les dunes modernes ont enseveli, sous cinquante à soixante mètres de sable, les anciennes dunes paraboliques, pour devenir la grande « dune de la Grave ». Le sable continua d’arriver et de converger vers la dune de la Grave. À la fin du XIXe siècle, la dune de la Grave enfouie par 20 à 30 m de sable, atteint 115 m vers 1910 et prend le nom de dune du Pilat. L’édification de la Grande dune du Pilat s’est faite entre 1826 et 1922 alors que le trait de côte a reculé de plus de 500 m. La végétation qui recouvrait le versant au vent de la dune de la Grave a été détruite, permettant le vannage et le transport des sables vers le sommet de la dune.

Tourisme

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La dune

La dune a fait l’objet de mesures de réhabilitation et sa visite est aménagée dans le cadre d’une opération grand site national, conduite à l’initiative du ministère de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement, en partenariat avec les responsables locaux. Ceci pour assurer la préservation du site, fréquenté par plus d’un million de touristes chaque année[12] qu’il faut pouvoir accueillir, informer et guider.

Une importante activité de loisirs aériens est présente sur ce site notamment des parapentes et des planeurs radiocommandés. Un parking payant (voitures/bus) est situé au pied de la dune, côté forêt.

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